AU FOND DE MA CAGE




Au fond de ma petite cage en métal
Depuis deux ans je purge d'avoir trop cru en toi

Tous les jours je t'attends
Je suis certain que tu viendras
Tous les soirs je m'endors sans que tu ne sois là
Viens me tendre une main je te la lècherai

Tu te souviens quand je sautais sur toi
Que tu me caressais et que je dansais de joie
Heureux que tu étais je me rappelle bien
Tu sifflais, tu chantais en bouclant les valises

Je ne peux pas comprendre et ne croirai jamais
Que tu m'aies abandonné là devant une église
Gémissant de douleur sous ma patte cassée
Toi qui étais si tendre
Peut-être es-tu très loin dans un autre pays
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli

Ton absence me pèse et les jours sont si longs
Mon corps s'épuise et mon cœur se morfond
Je n'ai plus goût de rien et je deviens si laid
Que jamais personne ne voudra m'adopter

Je ne veux pas que l'on me trouve un maître
Je montre bien mes dents et je prends un air traître
Envers qui veut me prendre ou bien me caresser
Pour toutes illusions enfin leur enlever
Car c'est toi que j'attends je suis prêt à te pardonner
À te combler de joie du mieux que je pourrai

Je suis sûr qu'ensemble nous saurions
Vivre des jours heureux en réconciliation
Pour cela je suis prêt à faire de gros efforts
À rester près de toi et à veiller quand tu dors
À me contenter même si j'ai très faim
D'un vulgaire petit morceau de pain

Je n'ai jamais rien dit lorsque tu m'as frappé
Sans aucune raison quand tu étais énervé
Tu avais tous les droits
J'étais à ton service
Je t'aimais sans compter
J'acceptais tous tes vices
Tu m'as mis dans boîte où tu m'as enfermé
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger
J'ai dormi bien souvent, paralysé tellement j'avais froid

Si tu reviens nous partirons ensemble
Nous franchirons en chœur la porte qui ressemble
À celle d'une prison que je ne veux plus voir
Voilà mon rêve se termine car je vois le gardien
Puis l'infirmière et le vétérinaire plus loin

Je suis heureux car dans quelques instants
Je vais tout oublier et comme il y a deux ans
Je m'endormais sur toi mon cher et grand ami
Je dormirai toujours grâce à l'euthanasie

S'il t'arrive un jour de repenser à moi
Ne verse pas de larmes ne te prends pas d'émoi
Pour toi j'étais " qu'un chat "

À vous tous les humains j'adresse une prière
Me tuer tout petit aurait peiné ma mère
J'aurais préféré cette manière
Car vous n'auriez pas eu à le faire aujourd'hui


MINOUCHE


Texte : Auteur inconnu



Si ce texte a mis des larmes dans vos yeux... c'est parce qu'il a touché le plus profond de votre coeur





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